Biographie de Diane Dubeau

Les jeunes années

Diane Dubeau est née à Verdun en 1958. Dès son plus jeune âge, elle rêve d’être artiste. D’abord parce qu’elle veut être maître de son temps et souhaite éviter la routine, mais surtout parce que le théâtre et les arts visuels la passionnent. À l’adolescence, dans sa petite ville de banlieue, la pratique du théâtre est accessible, elle s’y élance avec fougue. À seize ans, elle entreprend des études en production théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe.


Les débuts professionnels

Ses études terminées, elle travaille quelques années comme assistante à la mise en scène et régisseuse au Théâtre d’Aujourd’hui qui est dirigé par Jean-Claude Germain. Il lui transmet la passion de la création et du travail acharné.


Autres formations et expériences professionnelles

En 1980, admise à l’École nationale de théâtre en interprétation, elle espère y trouver l’espace qui la mènera vers la création.
Elle fait ses premières armes au théâtre ( Les belles-sœurs à la NCT, Le misanthrope au Théâtre français de Toronto ) et à la télévision ( Des dames de cœur ) tout en suivant des cours au département d’arts plastiques de l’Université de Montréal. 

Arts visuels

Elle découvre que la pratique des arts visuels est un lieu de création pure, totale et libre. Au cours des années qui suivront, elle poursuit ses recherches afin de faire un théâtre de création qui s’inspirerait de la liberté découverte du côté des arts visuels, c’est-à-dire un théâtre qui n’est pas exclusivement soumis au texte et aux normes conventionnelles de production. 

Mouvement

Simultanément, elle s’intéresse au mouvement, car cela lui permet de développer un langage théâtral indépendant du texte. Elle fréquente l’école de mime de Montréal, puis le Théâtre du mouvement de Paris. Dans la mouvance d’Eugenio Barba, elle met sur pied des ateliers avec quelques ami.e.s, comédien.ne.s et danseur.se.s. Elle considère que le mouvement ne nécessite pas de grammaire particulière ni de techniques précises. Avec une certaine moquerie, elle nomme ses premiers ateliers de recherche Mouvement Ni. Pour ni ceci et ni cela. De son point de vue, un mouvement est celui que tout être humain peut produire naturellement et qui peut être repris et travaillé dans une chorégraphie.
Suivront des expérimentations, Une Louve, un instant, dans les marguerites, en collaboration avec le sculpteur Pierre Granche et l’auteur Michel Garneau, un solo joué dans près de 75 salons québécois, canadiens et français. Gravité, en collaboration avec l’artiste Manon Labrecque, une performance et des installations présentées au Centre des arts actuels Skol. Un regard sonore, une performance solo et des installations présentées à Espace Libre. Pendant cette période, elle entreprend une maîtrise sur le processus créateur au département d’art dramatique de l’Université du Québec à Montréal tout en maintenant ses activités professionnelles.

Mise en scène

C’est à ce moment-là que le passage du côté de la mise en scène s’impose. Son souhait est de ne plus être dans la marge et de s’inscrire de plein droit dans le milieu théâtral. Avec le Théâtre de la Nouvelle Lune, dont elle devient la directrice artistique, une petite compagnie sans domicile fixe avec des subventions pour des projets ponctuels, elle crée plusieurs spectacles construits de cette nouvelle écriture théâtrale qui se préoccupe autant d’espace, que de mouvements, de jeux sonores, de lumière ou de textes (Quand je parle d’une chose je parle d’autre chose, Chapitre Zéro, la trilogie Autobiographie d’Élyse).

Espace Libre

Comme comédienne, elle participe aux productions de la compagnie Omnibus et du Nouveau Théâtre expérimental. Son implication au théâtre Espace Libre s’intensifie, elle devient membre du conseil d’administration, puis la première directrice du troisième volet d’Espace Libre. Elle participe aux travaux menant au chantier du nouvel Espace Libre.
À travers les années, cette inscription tant souhaitée dans le milieu théâtral semble lui couper les ailes. Notons aussi que, pendant ce temps, la culture est devenue une industrie et l’art un produit. Elle ne retrouve plus le souffle de la création, trop de concessions et trop de subordination à ce qui existe déjà.

Retour aux études

Elle effectue un nouveau virage important afin, encore une fois, de se replacer dans un espace de création. Elle complète un baccalauréat en arts visuels à l’université Concordia. Peu de temps après la fin de ses études, elle a la chance de présenter Domestications, une exposition solo chez Diagonale. Tableaux de chasse à la Maison de la Culture Frontenac et Domestications — De l’apprivoisement à la mise à mort — au Centre d’exposition d’Amos. 

Les dernières années

Depuis quelques années, elle a travaillé à un ensemble d’œuvres, à la suite d’une résidence de création effectuée auprès de ses parents, tous deux atteints de démences différentes. Elle a souhaité contempler l’inéluctable et réfléchir avec les outils de l’art à notre humanité. L’exposition J’ai la tête pleine de trous… est présentée à l’espace 6 de la galerie Art Mur et au Centre d’exposition d’Amos. Elle vient de terminer un récit intimiste inspiré de cette expérience de résidence et de la relation qu’elle développa avec ses parents malades.

La pratique de Diane Dubeau est multiforme, elle se considère comme une bricoleuse utilisant le dessin, la photographie, les arts textiles, l’écriture, etc. pour énoncer des idées. Le processus de création continue d’être un de ses sujets de prédilection. Au fil des ans et des expériences, une chose n’a jamais changé, elle considère que l’art est là pour nous transformer et pour nous faire réfléchir.